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mercredi 17 mars 2010

Printemps tardif dans le Languedoc


«Le printemps est venu : comment, nul ne l'a su.»
Antonio Machado


La neige tombée la semaine dernière coiffe encore les sommets du Pic de Nore et de l'Espinouse, quelques tâches blanches résistent à l'ombre, dans les fossés des Corbières aux Razès. Dans les Albères, encore blancs, les chênes-lièges montrent leur branches amputés par la neige. Plus à l'est, rien ne reste de la neige, les quantités tombées étaient moins importantes.

Partout dans les basses terres, les amandiers sont en fleur. Le sec et le soleil ont suivi la neige à Montpellier. Hier après-midi on pouvait enfin enlever son manteau même s'il fait encore frais le matin.

Il faudrait que je trouve un plant de lilas en fleur pour certifier l'arrivée (enfin!) du printemps. Car les étudiants anglais de la ville ont ressorti leurs tongues, mais ça doit être la troisième fois depuis janvier, on ne peut pas leur faire confiance en tant qu'indicateur printanier ...

samedi 13 février 2010

Le potager à la mi-février : gel, compost et tunnels

Le temps passe vite, et je manque de temps pour aller au potager et pour mettre à jour ce journal. Le temps froid et humide réduit aussi les travaux possibles, notamment en ce qui concerne le travail du sol.

Le froid notamment a été plus vif que l'hiver dernier. Les gels de la deuxième moitié de décembre ont été suivis par d'autres agrémentés d'un peu de neige autour du 8 janvier. Le temps est resté souvent maussade et froid, et c'est seulement à la fin du mois que le soleil et un certain redoux (jusqu'à15°C au mieux) est arrivé. Cela n'a pas duré longtemps, la pluie est revenu, la fraicheur aussi, impossible de retourner les planches libres, de planter les oignons, carottes et compagnie en pleine terre. Cette semaine, à nouveau une vague de froid est arrivée jusqu'à ici avec un peu de gel (-3°C ce matin, 4°C en fin d'après-midi aujourd'hui malgré le soleil). Au total, nous avons eu 95 mm en janvier et 96 mm, jusqu'à ce jour, en février.

Suite aux périodes successives de froid, plusieurs cultures ont gelé dont les pois, laitues, fenouils et radis, ces derniers n'ayant pas tenu après la première vague de froide décembre. Les radis d'hiver (Violet de Gournay, Rond Noir) n'ont pas senti le gel et continuent à pousser, mais les 'chandelle de glace' et les 'radis de Pâques' sont passés à la trappe. Dommage car ils étaient vraiment beaux et en 2009 on les avait gardé jusqu'au printemps. Ces sont définitivement des variétés qui me conviennent en culture d'automne, car ils sont gros, juteux et sucrés. J'ai également fait les jeunes feuilles en crème ou braisées avec des résultats convenables (les feuilles plus mûrs deviennent un peu trop fibreuses).

Les laitues ont également beaucoup souffert. Elles venaient du marché de la Mosson et avaient été plantés en septembre, elles étaient déjà grandes avant les gels. Les romaines ont survécu mais les feuilles de l'extérieur étaient vraiment abimés donc il ne restait pas grande chose à manger par rapport à la taille des salades avant le gel. Je suis néanmoins content de cette variété et je vais garder un plant comme porte-graines. Par contre les batavias et 'langue de canari' ont dépéri par à-coups suite aux gels successifs. C'est dommage car il y avait plus de cinquante salades dont nous n'avons pas tiré grande chose. Les mêmes variétés avaient mieux supporté l'hiver 2009.

Les poireaux, s'ils ne gèlent pas, ils ne sont pas très en forme. J'ai l'impression que ces poireaux ne sont pas d'une variété particulièrement résistante ou bien que l'automne trop sec ne leur a pas permis de se préparer pour le froid. Il faudrait que j'affine ma technique concernant les poireaux en lui donnant une approche plus 'sudiste', car j'ai vu que le poireau souffre mal la chaleur et qu'il faut le ménager davantage pendant l'été.

Enfin, j'ai ressemé ce weekend les pois gelés en décembre et qui (étrangement) étaient verts au niveau des feuilles mais secs au collet des racines. Maintenant on voit bien qui était sec et qui vivrait, j'ai refait des lignes et semé. Les variétés qui ont le plus souffert sont les variétés naines, 'Proval' (type nain provençal) mais surtout 'Merveille de Kelvedon' qui a été quasiment rasée. La variété 'Plein le panier' est celle qui a le mieux résisté au froid (la quatrième variété était 'Carouby de Maussane') et qui du coup a pris un peu d'avance sur les autres.

Lors du redoux dont je parlais plus haut, j'ai eu l'occasion de retourner le compost. Il était très froid (8°C), preuve des inconvénient des silos à compost. J'ai retourné les deux composteurs, le premier était en repos depuis décembre et j'ai pu sortir 4 sacs de compost jeune de la partie basse avant de mélanger le reste. Le deuxième est toujours en cours de remplissage, à trois quarts de sa capacité. Après avoir mélangé les couches, j'ai arrosé avec un peu de purin d'orties, les tas étaient assez secs. Dans les deux cas, trois semaines après avoir fait le mélange et malgré le froid, ont pouvait constater que le compostage avait bien repris et que l'apparence du tas était bien meilleure qu'avant.

Concernant le compost, je ne suis pas allé chercher du compost de l'Agglo par manque de temps. C'est aussi que je vois que le sol du jardin est en train de se refaire une santé avec le compost produit sur place (de meilleure qualité que celui de l'Agglo), les deux composteurs sont pleins quasiment en permanence. J'ai répandu quelques sacs de compost ancien en surface des planches qui vont recevoir les solanacées ce printemps (encore occupés avec des choux, des chicorées, des salades).

Coté protections d'hiver, j'ai enfin monté le deuxième tunnel fin janvier. Après des nombreuses recherches sur la région de Montpellier, je n'ai pas trouvé du plastique pour mini-tunnel à la découpe. J'ai fini par acheter du plastique "4 saisons" dans un Gamm Vert qui est coupé pour des serres tunnels et qui fait 6 m de large (pour le prix, je ne sais plus si c'était dans les 7 € le mètre linéaire). Du coup, j'ai acheté des pièces de 2,5 m, ce qui correspond à la largeur des arceaux de mini-tunnel, et qui font donc 6 mètres de long. Comme mes lignes font dans les 10 m, il me faut coller deux pièces de 6 m. Pas si facile à moins d'utiliser un adhésif, sauf que mon plastique avait été mouillé par la pluie donc incollable. Alors, j'ai bloqué la jointure des pièces de plastique entre deux arceaux et ça a l'air de tenir pour l'instant.

Sous ce tunnel, j'ai fait un semis d'essai de navets (avec 4 variétés qui ont déjà levé) et des carottes/radis (carottes 'de Chantenay' dont j'avais un stock de graines à finir). J'espère qu'ils seront bon à manger en avril/mai prochain. Le premier tunnel, installé fin novembre, a été arraché par le vent de ces derniers jours. Le plastique avait été acheté en jardinerie, un rouleau de 10 m x 2 m, et était déjà bien fatigué après sa première année. J'ai donc remplacé avec du '4 saisons' qui devrait tenir mieux face aux éléments. Sous ce tunnel, des salades, des carottes, quelques cebettes et navets semblent bien se porter. Je les ai désherbé 2 fois et je les arrose fréquemment car ils ne reçoivent pas de pluie. Lors du désherbage de décembre, j'ai arraché quelques navets qui étaient en train d'être mangés par des chenilles, probablement des mouches du navet, qui ne se souciaient guère du froid.

J'avais sous ce premier tunnel un beau semis de laitues 'Grenobloise' et 'Great Lakes', j'ai profité pour les éclaircir et les repiquer ailleurs. J'ai mis un double voile en dessus, j'espère que cela suffira à les sauvegarder.

Les pommes de terre mises à germer dans une serre ne montrent pas le moindre germe. Il va falloir que je les rapatrie à la maison car la saison de la plantation est bientôt arrivée et je n'ai pas de plants. Le terrain n'est pas préparé car il est toujours trempé. Idem pour l'emplacement des oignons que j'avais retourné fin novembre mais qui a eu le temps de se tasser depuis.

Coté récoltes, ça se tasse. Sur place, il nous restent des laitues, des scaroles, des chicorées 'pain de sucre', un peu de chou de Milan et de Bruxelles, de brocoli, des radis d'hiver, des poireaux, des épinards et les derniers fenouils ont été récoltés aussi (et bientôt mangés).

Espérons que le temps s'améliore dans les semaines à venir et les nouvelles salades arriveront rapidement à maturité suivies de quelques cebettes, repousses des épinards et blettes qui nous feront atteindre sagement les premières récoltes de printemps. Espérons aussi que je puisse disposer d'un peu plus de temps pour en faire profiter le potager, car le printemps arrivera probablement d'un coup!

lundi 4 janvier 2010

Le potager au début de l'hiver

Après un automne particulièrement doux et sec (quasiment aucune pluie entre le 15 octobre et le 15 décembre) dans la région montpelliéraine, voilà que l'hiver est bien installé au potager.

A cause de cette sècheresse, j'ai été obligé d'arroser les parties au sol léger dans le jardin jusqu'aux pluies du 22 décembre. J'avais laissé sur place l'installation d'arrosage (sauf la pompe) pour éviter un possible sècheresse en début de printemps comme en 2009, mais je ne m'attendais pas à m'en servir en octobre et novembre ...

Le froid lui est arrivé sans trop d'annonce : nous sommes passés en 5 jours d'avoir 6°C le matin à -4°C (je suppose que cela a été encore plus froid à Grabels, peut-être -6°C). Par cause de déplacements professionnels et personnels plus un bon coup de grippe, je n'ai pas trouvé d'occasion pour visiter le jardin pendant 3 semaines, le jour avant les vacances de Noël où je suis allé constater les dégâts après le coup de froid soudain et intense de la mi-décembre.

L'eau était toujours glacé dans les tuyaux, les seaux. Les légumes avaient mauvaise mine, pire qu'en 2009 qui avait connu des températures similaires. Mais cette fois, les légumes avaient souffert aussi des coup de douceur et de sec pendant les trois semaines d'absence du jardinier. Les laitues les plus développées avaient perdu leurs feuilles extérieurs (le cœur n'avait pas gelé), les radis non protégés avaient également gelé, les fenouils (à l'abri près des cyprès) avaient aussi un peu souffert, et les petits pois qui étaient assez mal et donc la survie est compromise. (certains avaient même fleuri la semaine avant le coup de froid).

Les derniers piments ont bien sûr trépassé, les autres tomates, aubergines et poivrons/piments avaient déjà été arrachés début décembre (ils ne donnaient plus rien). Par contre, les laitues de mon semis ont bien résisté (elles étaient plus petites et de variétés résistantes au froid) ainsi que toutes les cultures sous plastique. Les petits choux de printemps (y compris les choux-fleurs) ont bien tenu.

Les poireaux et choux aussi avaient des brulures suite au gel. Pourtant les poireaux résistent bien au froid mais ils ont bavé à cause de l'automne sec qui ne les a pas du tout été favorable. Je commençais donc à arroser un peu les légumes les plus assoiffées, quand justement la pluie s'est mise à tomber et depuis il a plu à plusieurs reprises jusqu'à ce jour (5 mm aujourd'hui sous forme de bruine).

Juste après les vacances de Noël, nouvelle visite pour traiter les urgences et remplir le panier. Encore deux semaines d'absence. L'urgence était de désherber un peu les carottes, pour limiter les problèmes d'envahissement de l'année dernière dans les carottes et de voir l'évolution des plants gelés. En levant les voiles (de forçage) pour accéder aux carottes, je vois qu'une partie des feuilles de carottes et du mouron (que je m'apprêtais à arracher) avaient gelé et pourri à cause de la grande humidité qui règne sous le voile et des températures à la hausse entre Noël et le Jour de l'An ... des carottes ont pourri.

J'ai un peu enlevé tout ce qui été moisi, passé un coup de bouillie bordelaise,et enlevé les voiles pour que ça sèche. Je suis passé sous les autres voiles pour nettoyer un peu (sans bouillie car il y a des récoltes en cours). Là je vois que, si bien le voile de forçage est beaucoup moins contraignant que les couvertures plastique, il y a un minimum de surveillance à maintenir. Difficile quand on n'a pas le temps d'aller au jardin de façon quotidienne.

En dehors de cette affaire de pourriture, je vois que le potager s'est bien retapé grâce aux pluies de Noël, il est maintenant plus beau que lors de la visite précédente. Même les radis qui avaient gelé ont refait des feuilles. Les salades moitié gelées revivent. Les pois, par contre, semblent avoir pris un bon coup et je me demande si je ne serai pas obligé de ressemer (morale : j'ai semé trop tôt).

Voilà pour la météo et ses conséquences. Sinon, dès début décembre, trois planches sont libres : celles des aubergines, des poivrons et des carottes "d'automne" (quelques navets et radis restent encore sur cette dernière). Aux solanacées suivront des oignons ce printemps à partir de bulbilles et de semis en godets. Les carottes seront probablement suivies des tomates.

Les autres parties du potager sont toujours cultivées même si des trous apparaissent suite aux récoltes des choux, poireaux, radis ou salades diverses. Je constate, comme l'hiver dernier, que la culture sous tunnel plastique dans un coin ensoleillé du jardin produit des bons résultats.

Si j'avais le temps et qu'il faisait doux, j'aimerais retourner le compost pour qu'il soit prêt à la plantation des cultures d'été. Je dois aussi aller en acheter un peu de compost de l'Agglo, pour compléter la production "maison", préparer une couche chaude pour les semis de ce printemps (un nouveau test), finir de déshéber, monter un nouveau tunnel ... le temps manque dans ces journées trop courtes d'hiver où je ne peux pas faire un tour au jardin après le travail (ou peut-être équipé d'une lampe torche). Mais globalement, il va plutôt bien ce potager.

vendredi 9 octobre 2009

Pluie torrentielle sur Montpellier

La fin de la très sévère sècheresse estivale de 2009 a eu lieu hier avec 178 mm de pluie. En septembre, le jardin n'avait reçu que 7 mm qui ont été vite séchés. L'irrigation quotidienne était toujours de rigueur, notamment en cette saison de semis.

A midi, le pluviomètre marquait 3 mm. Mais dès 15 heures une forte pluie s'est abattue sur la région et vers 23 h les rues du centre ville semblaient des ruisseaux.

J'irais ce weekend au jardin pour constater les dégâts et pour profiter que le sol sera meuble (et même plus) dans les recoins du jardin pour y semer un peu de phacélie.

PS : dans le potager (8 km du centre ville de Montpellier) seulement 37 mm sont tombés ce soir-là.

mercredi 15 octobre 2008

La météo dans le potager

On a l'image du paysan courbé sur sa terre, pourtant il ne quitte pas l'œil du ciel. Dans les pays du Midi, à différence de la façade atlantique, le ciel est tour à tour bénéfique et destructeur. Bénéfique alors qu'il nous emmène les pluies tant attendues en automne ou les précieuses averses printanières. Terrible lorsqu'ils nous baigne en feu pendant les mois estivaux ou qu'il nous ballait avec des pluies torrentielles qui ne laissent rien derrière elles.

Chez mes grands-parents, le moment de la météo à la télévision était les plus sacré, pas une mouche ne volait ! On attendait la pluie à l'automne pour les semis des blés ... ou on l'attendait plus et on semait en sec, en espérant qu'elle vienne par la suite.

Je continue à observer avec attention les prévisions météo, voici mes sources :

- Météo France : une bonne source à 2 jours mais à prendre avec précaution !!
- Situation à Montpellier-Centre : le site de Pierre-Marie qui me sert de station météo pour évaluer les besoins en irrigation (et prochainement en protection hivernale!) quand je ne peux pas me déplacer au jardin.
- Météo_Riviera_INLN : un site très formateur, et assez fiable, sur la météo provençale et méditerranéenne.
- Prévisions saisonnières : des prévisions à 3 mois pour la France et l'Europe.

Bon, là ils sont tous d'accord : pas de pluies en vue !